TRAIL DE FAVERGES (SUITE)
Photos prises par Captain Cavern dans le secteur de la Sarve...
TRAIL DE FAVERGES 2013
Pour la 13ième édition de cette course, avec mon voisin et collègue de trail Captain Cavern, nous sommes inscrits sur la petite boucle ; "Les sources du Lac" ; qui totalise 27 kilomètres et 1 400 mètres de dénivelé positif.
Vendredi soir : récupération de notre dossard, notre t-shirt Icebreaker (le partenaire principal du trail) et une tartelette au chocolat (qui n'a pas fait long feu...). Halte au Vieux Campeur aussi pour renforcer notre stock de barres énergétiques, soupe sucrée à la tomate (boisson isotonique) et autres produits supposés nous aider à courir sans souffrir... Préparation des affaires de courses, des baskets, de la Suunto... Platrée de riz et coucher tôt...
Samedi matin : Lever aux aurores, petit-déjeuner sportif, Faverges, échauffement, briefing avant le départ et lacher des fauves à 8 h30. 600 coureurs sont alignés sur cette formule. Départ un peu rapide comme à l'accoutumée mais, bien vite, nous reprenons une allure raisonnable. Je cours le premier tiers à côté de Mickael, jusqu'à la maison forestière de l'Abbaye. Dans la montée vers le Pas de l'Ours (reconnue la semaine dernière) je me sens en grande forme, je double pas mal de coureurs qui marchent sur le single-track. J'alterne marche rapide et petite accélération quand doubler s'avère possible. Je prends un peu d'avance sur Mickael, pensant qu'il reviendra sur moi à la descente (car c'est un cabri en descente...). Mon genou gauche (strappé par précaution) ne me gène pas trop. La chaleur est pesante mais une petite brise vient nous apporter un peu de fraîcheur appréciable. Après le Pas de l'Ours, c'est l'inconnu. Le chemin descend dans un environnement minéral, constellé de névés, avant de remonter vers le chalet de la Sarve ou le seul ravitaillement solide de l'épreuve nous attend. La vue sur le lac d'Annecy y est exceptionnelle. Un vrai décor de carte postale !...
A partir de là, une longue descente, entrecoupée de faux-plats, plonge sur Faverges. La forme est toujours là, j'allonge la foulée. Une portion de sentier très boueuse est folklorique à passer... Je rejoins la route de Glaise, puis Favergettes. Les derniers kilomètres sont difficiles car très roulants. Je m'accroche à des coureurs qui terminent le Maratrail (42 kms) et qui cavalent comme des lapins...
Arrivée vers les 12 h30, heureux d'avoir (pour une fois) bien géré la course jusqu'au bout. L'ambiance est très festive sur place. Le trail de Faverges a su garder son esprit amical, convivial et nature.
Mickael arrive quelques minutes après. Il a bouclé avec succès son premier vrai trail !... Dans ce genre de course, franchir la ligne d'arrivée est une victoire en soi. "Terminer" prévaut sur les performances chronométriques et sur les distributions de médailles... Le Team LA POYAT TRAIL a assuré !...
FAVERGES, c'est fait !... Prochain rendez-vous : l'UTB le 20 juillet, mais ça, c'est une autre paire de manches...
RESULTAT COURPATAS : 3 h 52' / 244 ième sur 547 arrivés (18 ième V2)
RESULTAT CAPITAIN CAVERN : 3 h 52' / 362 ième sur 547 arrivés (170 ième SE)
WEEK-END PREPARATION TRAIL DE FAVERGES
Samedi prochain, c'est le Trail de Faverges. Fan de chichourle ! Déjà !...
Avec Mickael (plus connu dans le milieu de la course à pieds poyatesque sous le pseudo : Captain Cavern) nous sommes inscrits sur le « petit ». Un « petit » qui fera 29 kms et 1400 m de D+ quand même.
Ce week-end, un « bloc d’entrainement » est programmé. Il va y avoir de la "casse" de fibres musculaires…
VENDREDI 7 JUIN : SORTIE TRAIL EN ENDURANCE FONDAMENTALE
Avec Captain Cavern et Dawa. Parcours « Planfait / La Duy » avec petit détour jusqu’au Sauzet, le chalet d’alpage d’Aldo.
59’ / 7 kms / 326 m D+. Dawa couse un sanglier gros comme une vache ! (enfin, une petite vache…)
SAMEDI 8 JUIN : SORTIE VELO A ANNECY.
Avec nos amis de la Côte d’Aime, Marie-Laure et Jacky. Eux sur leurs vélos, nous avec notre tandem. Départ Sevrier, montée au Col de Leschaux / descente sur Saint Jorioz, tour du lac dans le sens horaire. On se prend une sacrée averse sur les derniers kilomètres…
TECHNIQUE "GARDER SES FESSES AU SEC" DE JACKY !
4 h / 66 kms / 663 D+
DIMANCHE 9 JUIN : RECONNAISSANCE D’UNE PARTIE DU TRAIL DE FAVERGES
Avec Mickael (Dawa était invité à un anniversaire…). Départ Pont de Saint Ruph (Faverges), montée au Pas de l’Ours (publicité mensongère : pas vu d’ours !...). Le chemin (assez gras) monte tout le long ; le départ est raide, la suite acceptable. En haut, il nous faut traverser de grands névés. Après être redescendus par le même chemin, petite montée bonus vers l’abbaye le refuge de Bonverdan au pied du Col de l’Orgeval ; pas mal de neige là aussi… On finit la sortie sous une forte pluie dont nous apprécions la fraîcheur…
L'HOMME QUI A VU L'HOMME QUI A VU L'OURS...
Bon parcours qui nous a permis de découvrir une partie du nouvel itinéraire du trail, de débusquer plein de chevreuils, de tester nos barres et boissons énergétiques (Les Chomps Strawberry et les gels Expresso de GU sont une heureuse découverte : ils rompent la monotonie des produits classiques et apportent une énergie si ce n’est durable en tout cas bien appréciable !), notre état de forme, la fonction « suivi de traces » de notre Ambit… et qui nous a rappelé ô combien la gestion de l’effort sur une longue distance est primordiale…
3 h 13 / 17 kms / 1 200 m D+
Après ce week-end bien rempli, place au repos complet et aux plats débordants de pâtes pour refaire le plein de carburant !...
ULTRA TOUR DU BEAUFORTAIN
Encore beaucoup de neige sur le parcours de l'Ultra Tour du Beaufortain qui se déroulera le 20 juillet (dans 6 petites semaines...).
La photo ci-dessous, prise le 5 juin, montre le passage entre le Col à Tutu (Pierra Menta) et le Refuge de Presset... UTB en raquettes cette année ???
COURSE-POURSUITE APRES LE SOLEIL...
Cela va faire un bon mois que nous le cherchons… et nous avons fini par le trouver. Enfin !...
Week-end dans les Hautes-Alpes, à Chorges, à côté de Gap, au pied des Aiguilles de Chabrières.
Samedi 1er juin : montée au Col de La Gardette (2134 m). Le ciel est un peu voilé mais il y a de belles apparitions de l’astre convoité. Final dans la neige et pique-nique au col (2 h58’ / 9 kms / 520 m D+)
Dimanche 2 juin : montée au Piolit (2460 m), une montagne à la forme pyramidale.
Le chemin se faufile dans les forêts de mélèzes, puis à travers les alpages foisonnant de pissenlits, de gentianes et de marmottes galopantes. Passage au Col de Chorges où je trouve de la neige en abondance. Le versant Nord est tout blanc, strié de traces de ski. Un grand merci aux « bâtisseurs de cairns » sans qui trouver le bon itinéraire s’avèrerait impossible. La suite de la rando se fait dans les larges névés en évitant les fameuses « oucanes » (profondes failles rocailleuses dans lesquelles mieux vaut ne pas tomber). L’ascension au sommet est sèche, à tous les sens du terme… Au sommet, je rencontre un chamoniard solitaire, Kévin, venu, lui aussi, chercher le soleil. Le ciel est d’un bleu limpide sauf en direction du Col Bayard où d’épais nuages siègent. Le soleil plombe. Pas un brin de vent. Vue est exceptionnelle à 360°. Le lac de Serre-Ponçon scintille au loin. Les sommets sont recouverts de neige avec d'impressionnantes corniches et plaques à vent ; le contraste entre la blancheur des pentes Nord et la noirceur de celles au Sud est saisissant. C'est le yin et le yang. Redescente en courant jusqu’au parking des Gardes, les pieds un peu humides (2 h30’ / 10 kms / 840 D+).
Quel bonheur que de pouvoir à nouveau côtoyer les hauteurs…
NEIGE EN MAI, TU COURS LES PIEDS MOUILLES...
27 mai 2013.
Sortie trail jusqu'au Col de Grigon (1 600 m). La neige est toujours là. En abondance encore...
MAXI RACE ANNECY 2013
La Maxi Race 2013 ne sera pas... Le coureur n°3500 n'ira pas arpenter les montagnes annéciennes...
En fait, je ne suis qu'à moitié déçu car... je ne comptais faire qu'environ la moitié de la course... Pas assez entraîné pour affronter les 84 kms et les 5 200 mètres de dénivelé positifs, j'avais pris la résolution de ne courir qu'une partie de cet ultra.
En allant récupérer mon dossard, hier, j'apprend que la course est annulée. La météo exécrable de ces derniers jours a fait que les organisateurs, après avoir imaginé de nombreux parcours de substitution, ont dû se rendre à l'évidence : les riques encourus étaient trop importants et il leur incombait de prendre cette terrible décision : Annuler la course...
Face à cette décision, certes pleine de sagesse, la déception des uns (les coureurs) n'a d'égal que la déception des autres (les organisateurs). Les premiers se sont entraînés depuis des mois pour relever un tel défi ; les derniers ont dû tout faire pour "sauver" la course. La question n'est pas de remettre en cause leur décision qui est motivée par de sérieuses raisons et prise dans l'intérêt des coureurs. Les traileurs savent faire la part des choses, ils savent que la montagne sait être admirable mais aussi impitoyable. Nous savons tous que nous prenons des risques, y compris ceux pris en nous inscrivant 6 mois à l'avance à un trail. Ceux qui ont fait le long (et couteux) déplacement jusqu'à Annecy étaient, hier, un peu amers, tout comme l'étaient ceux qui se préparent à cet évènement depuis de nombreuses semaines, ceux qui mangent des pâtes depuis 3 jours, ceux qui - organisateurs et partenaires - se sont démenés comme de beaux diables... mais, c'est toujours la montagne qui décide au final...
PENTECÔTE ENTRE LES GOUTTES (OU PRESQUE...)
La météo est pourrie, la neige est encore basse, mais… qu’importe… nous avons des trails à préparer (Faverges le 15 juin) et il nous faut nous entraîner…
VENDREDI 16 MAI - Sortie « endurance » avec Mickaël (alias Capitain Cavern) sur le circuit « La Poyat / La Duy / La Poyat » avec descente par les « 16 virages ». Partis sous une pluie fine, nous finissons sous le déluge avec une fringale pas possible (1 h50’ / 13 kms / 710 m D+)
SAMEDI 19 MAI – Météo maussade et jambes lourdes. Vu le prix des barres énergétiques, je me lance dans la fabrication de Floppet’s (en suivant la recette(*) de son inventeur, Julien JORRO, traileur de renom adepte de la green food).
Que du bon et du bio ! Avant cuisson Après cuisson...
DIMANCHE 19 MAI – Les quelques éclaircies qui trouent le ciel nous invitent à aller reconnaitre une partie du parcours du trail de Faverges. On se prend quelques gouttes en cours de route et on est arrêté par la neige sous le Chalet de l’Aulp,vers les 1500 m. Belle sortie (2 h12’ / 11,5 kms / 1000 m D+ / 434 m D-), même si l’on a reconnu le parcours de l’année dernière et non celui de cette année… Nous avons testé les Floppets qui s’avèrent être de véritables bombes énergétiques :-)
LUNDI 20 MAI – Petite sortie en vélo de route, histoire de se délier les jambes (1 h16’ / 27 kms / 300 m D+). A peine rentré, une averse s’abat violemment sur Esserts-Blay…
Mes biens chers frères traileurs, mes biens chères sœurs traileuses, prions tous en chœur pour le retour du soleil et... pas de boogie woogie avant d’aller courir ce soir !...
(*) Interview de Julien Jorro et recettes des Floppets sur le site Des Bosses et Des Bulles.
ON NE COURT PAS QU'AVEC SES JAMBES...
Grand soleil sur la Provence en ce dimanche 12 mai. Fort mistral aussi ; l’un expliquant l’autre…
Je suis devant la tour de vigie du Grand Puech, point culminant de la chaîne de l’Etoile. Pour y accéder, une vingtaine de minutes à la déclivité progressive sur une large piste coupe-feu, ont suffi. 4 vététistes, tout de noir vêtus, discutent dans un coin à l’abri du vent ; Dawa (pas Sherpa, mais mon chien !) gambade et renifle tous les buissons sur lesquels ses congénères ont dû uriner. La vue est dégagée à 360°. Mes yeux plongent sur Marseille qui s’étend à mes pieds. Il a fallu m’éloigner d’elle pendant 20 ans, pour réaliser ô combien cette ville est remarquable. J’imagine les marins grecs phocéens qui ont accosté, il y a plus de 2000 ans, et qui, séduits par la beauté des lieux, ont fondé Massalia. Comme eux, il me semble découvrir cet endroit. Mes yeux sont grand ouvert, ils embrassent l’infini horizon, plongent dans la Méditerranée, balaient la ville blottie entre mer, rocaille et verdure. Les îles du Frioul et du Château d’If flottent au large tels des croutons sur une bouillabaisse. Quelques bateaux, vraisemblablement en partance pour la Corse ou le Maghreb, tracent des lignes d’écume dans leur sillage. A l’ouest s’étale la Côte Bleue. L’Etoile, le Garlaban, la Sainte-Baume et les Calanques ceinturent Marseille.
La ville brille de mille éclats. Sa blancheur étincelle et lui donne un faux-air de Casablanca… J’imagine l’activité grouillante qui doit régner sur les quais du Vieux Port, sur la Canebière, au marché des Capucins, aux plages de la Pointe Rouge… J’imagine aussi mes collègues du Marseille Trail Club qui doivent s’aérer dans l’une de ces vertes parcelles qui bordent la cité. Dans mon dos, en contrebas, le village de Mimet et ses toitures de tuiles rouges, la plaine gardannaise hérissée de cheminées effilées et la tabulaire Sainte-Victoire.
Mon cœur bat lentement. Je reprends la course vers le Col Saint Anne en suivant la ligne de crête. Le chemin est étroit, il se faufile entre pins d’Alep et blocs de pierres. En point de mire trône le Pilon du Roy. Un étrange sentiment m’envahit. Un mélange de bonheur et de légèreté. Une impression d’allégresse. Ce moment me parait unique. En fait, il l’est. Ne pouvant arrêter le temps, je m’imprègne complètement de l’instant. Je prends conscience, au fil des foulées, de ce qui se passe autour de moi. L’infatigable Dawa pourchasse papillons et libellules. Le fougueux mistral me fouette le visage, les argéras me fouettent les mollets. Les fleurs de cistes d’un rose fuchsia éclairent la garrigue. Un perdreau au plumage doré s’envole d’un fourré dans un fébrile battement d’ailes. Thym et romarin en fleurs distillent leur senteur et embaument ma route. Maltraité par le vent, un jeune chêne kermès, démentant la fable de La Fontaine, plie, tel un roseau… Le souffle ininterrompu d’Eole traverse branchages ; il se fait tantôt douce mélodie, tantôt lugubre vocifération. Tous mes sens sont en éveil. Je suis connecté avec la nature environnante. J’emmagasine images, odeurs, musiques et les stocke sur mon disque dur. Je savoure, je me délecte, je cours sans penser que je cours. Je suis Kilian, Dawa (pas mon chien, mais Sherpa !), Krupicka réunis ; je suis Dicaprio à la proue du Titanic. J’oublie tracas et plaisirs d’hier et de demain. Je suis ICI. Pas ailleurs. Je sais que ce moment ne sera pas éternel, je sais qu’il est éphémère ; c’est ce qui le rend d’autant plus précieux. Cela serait illusoire de vouloir le figer, d’espérer qu’il dure éternellement.
Je n’ai (quasiment) rien. Juste une paire de running, un short, un t-shirt et un gilet coupe-vent. J’ai laissé la montre-GPS à la maison. Je n’ai rien. Je n’ai besoin de rien. Rien ne me manque. Je ne manque de rien.
Les sensations éprouvées, les émotions ressenties me font oublier fatigue et autres bobos qui, en temps normal, parasitent mon esprit. La recette du bonheur est là, devant mes yeux, au plus profond de mes tripes, autour de ma carcasse : il faut vivre pleinement l’instant présent ; oublier, l’espace d’un instant ou de toute une vie, passé révolu et futur incertain… Dans ma tête défile le crédo de l’écrivain crétois Nikos Kazantzaki « Je ne crains rien, je n’espère rien, je suis libre »...
L'ÎLE DES CAPETANS (*)
ARTICLE POUR TANDEM MAGAZINE (**)
- Bonjour Cathy et Jean-luc, je suis Debbie Cyclette, journaliste à Tandem Magazine, puis-je vous poser quelques questions sur votre voyage en Crète en tandem ?...
- Allons-y Debbie !
- Tout d’abord, où se trouve la Crète ?
- La Crète est une île grecque de 8 400 km² (à peine plus grand que la Savoie) située entre le Péloponnèse et la Lybie.
- Comment vous êtes-vous rendu là-bas avec votre long vélo ?
- Nous sommes allés en voiture jusqu’à Ancone (Italie) avec le tandem accroché derrière ; puis nous avons pris un bateau entre Ancone et Patras (Grèce). A Patras, nous avons rejoint le port d’Athènes où nous avons laissé notre voiture sur un parking. Puis nous avons pris un nouveau bateau entre Athènes et Héraklion (Crète). C’est un déplacement assez long (départ vendredi soir 17h, arrivée lundi matin à 6 h) mais dès que nous sommes sur le premier ferry, les vacances commencent !...
- Pourquoi le tandem ?
- Nous avons découvert le vélo tandem il y a deux ans. Les avantages d’être à deux sur un même vélo sont multiples. Plus personne n’attend l’autre, on gagne en motricité, on peut facilement échanger et c’est un engin qui ne passe pas inaperçu, qui favorise les rencontres et les discussions …. Pour ce qui est de la conduite d’un tel vélo, c’est juste une question d’habitude qui se prend très vite…
- Combien a duré votre périple en vélo ?
- 11 jours ; 10 de vélo, 1 sur un bateau car, à un moment il n’y avait plus de route et nous avons dû prendre un petit bateau pour pouvoir continuer.
- Vous avez fait tout le tour de l’île ?
- Non, nous étions limités par le temps. L’année dernière nous avions fait la partie Est, cette année nous avons fait le pourtour Ouest.
- Côté météo, avez-vous eu du beau temps parce qu’en France c’était assez pluvieux ?
- Zeus, Hélios et Eole, les dieux grecs, étaient de notre côté ! Nous n’avons eu que du beau temps pendant tout notre séjour ! Un soleil torride certains jours avec des températures avoisinant les 36 °C !...
- Vous aviez établi votre circuit, réservé vos hébergements, avant de partir ?
- Non !... Nous avions plus ou moins programmé nos étapes mais sans aucune certitude car cette partie de la Crète était assez montagneuse. Nous ne pouvions pas réserver quoi que ce soit car nous ne savions pas combien de kilomètres nous pourrions faire et, donc, à quel endroit nous allions arriver le soir. Aussi, nous avons dû nous adapter.
- Ce n’est pas stressant de ne pas savoir où l’on va dormir le soir même ?
- Au début, un peu… mais une fois que l’on s’est imprégné de l’ambiance de l’île et que l’on sait qu’il y a des hébergements de partout l’inquiétude s’efface rapidement. Comme pour tout le reste, il faut cesser d’avoir peur à l’avance et se construire de la confiance…
- Vous logiez où ?
- La Crète étant une destination très touristique, le réseau d’hébergement est bien fourni, y compris à cette époque pré-estivale. Selon les endroits où nous nous trouvions, nous dormions dans des domatia (chambre chez l’habitant), des studios ou des petits hôtels, pour des prix relativement modiques (entre 25 et 35 €). Dans les 25 kilos de matériel répartis dans nos sacoches, nous transportions une tente (au cas où…) mais nous ne l’avons jamais planté.
- Et pour manger ?
- Pour manger, nous allions dans les fournos (boulangerie) acheter des tyropita, spanakopita, koulouri… ou dans les tavernes (petits restaurants où la cuisine est souvent familiale et l’addition modique) pour nous régaler des spécialités grecques (horiatiki, marathopita, kalamari, yémisté, poissons, slouvaki,…), une nourriture exquise même si peu adaptée aux efforts d’endurance que nous devions fournir…
- Les Crétois sont-ils accueillants ?
- Extrêmement ! C’est dans leur culture que d’être chaleureux avec les étrangers. Cela s’appelle la philoxénia (amitié envers l’étranger). De plus, avec notre tandem, nous créions la surprise, quelques fois la stupéfaction !... Certains n’avaient jamais vu un tel vélo de leur vie !... Les conversations s’engageaient naturellement. Les Crétois rencontrés sur notre route nous offraient le café, des oranges, le fameux raki (alcool local). Une mamie nous a même offert un bout de pain béni (c’était la Pâques orthodoxe) !... Nous avons fait des rencontres extraordinaires, notamment avec Evghéni, Giorgiou, Krésoula, Vandélio, Irini, Yannis, Vassilis…
- Vous communiquiez en anglais ?
- La plupart du temps oui, mais quelques fois, avec les anciens, nous devions rassembler nos rudiments de grec pour discuter… On arrive toujours à comprendre et à se faire comprendre…
- Vous avez préféré la côte Est ou la Ouest ?
- Les deux sont différentes et ont leurs propres charmes ! L’année dernière, nous avions apprécié l’ambiance sauvage, authentique car l’Est n’est pas trop touristique. Cette année, nous avons traversé des paysages de bord de mer magnifiques, des plages paradisiaques (Elafonissi, Fallassarna,…) où nous nous sommes baignés et des régions de montagnes aux villages isolés et typiques comme Anogia… Nous avons longé des plantations immenses d’oliviers ; de véritables mers d’oliviers ; mais aussi des orangers, des citronniers aux citrons gros comme des pamplemousses, des néfliers, des vignes, des figuiers… Cette région est très agricole et regorge d'eau (rivières, fontaines...).
- La Crète se prête-elle au déplacement en vélo ?
- Nous avons emprunté les routes secondaires où ne circulent que quelques tracteurs et pick-up de paysans et… des moutons et des chèvres… L’état de ces routes était très correct. Un jour, nous avons roulé pendant 4 h en ne croisant qu’une seule voiture, le livreur de pain… Les Crétois sont très prudents avec les cyclistes et ne les doublent que lorsqu’il y a de la visibilité. Ils conduisent plutôt calmement. Les touristes pressés (voitures de location) prennent, eux, les grandes routes nationales. Lors des traversées des villes importantes (La Canée, Rethymnio), le trafic se densifie et la tension est palpable…
DRÔLE DE RENCONTRES SUR LA ROUTE !...
- Aucun souci mécanique ?
- Quasiment aucun, juste une crevaison et des plaquettes de frein à changer en cours de route…
- Vous avez accompli combien de kilomètres au total ?
- Un peu plus de 600 kms et 11 000 mètres de dénivelé positif… La Crète, c’est comme la Corse, c’est entre mer et montagne…
- Si vous deviez retenir une chose de votre voyage ?...
- C’est incontestablement la philosophie de vie des autochtones. Ils travaillent durement comme paysan, pécheur ou dans les métiers du tourisme, mais sans agitation, de manière détendue, sans stress apparent. Plus que de la lenteur, c’est de la langueur. Ils savent vivre lentement, s’accorder des moments de repos et de détente ; qualité qu’ils érigent en véritable art de vivre. Cela a un nom là-bas : la grecquitude. Comme leur café – l’helleniko (le café grec) – il faut attendre que le marc se dépose au fond de la tasse avant de le boire, (ce qui demande 5 bonnes minutes). Surtout ne pas se précipiter… sinon le café est imbuvable !... Nous, éternels pressés, poussés vers de nouveaux objectifs à atteindre, on y apprend la patience, voire la tempérance… Mais nous retenons aussi le fameux RAKITO (cocktail raki-citron) de Réthymnio !...
- Dernière question, retournerez-vous un jour en Crète ?
- Oui, c’est une certitude. Les régions de montagnes nous ont donné l’envie d’y retourner. Il y a des randonnées à pieds fabuleuses à faire là-bas comme les gorges de Samaria ou les sentiers du Psiloritis et des Lefka Ori…
- Merci à vous deux ! Comment dit-on « merci » en grec ?
- Efcharisto ! Et si on veut être très courtois, on rajoute : para poli !... Merci à toi Debbie pour vos questions qui sont d’ailleurs celles que l’on nous pose le plus régulièrement…
(*) Allusion au roman de Nikos Kazantzakis : La liberté ou la mort.
(**) Euh… Tandem Mag n’existe pas, bien sûr !... Debbie, non plus… même si ses questions étaient fort pertinentes :-)












































































































